
Lucinda Williams : “World’s Gone Wrong”
Comme quoi, même à 73 ans et après un AVC on peut encore publier des chefs-d’œuvre.
Le 18ème album de la fille de Louisiane, LUCINDA WILLIAMS, est sorti fin janvier avec (un peu comme à son habitude) des textes assez, pour ne pas dire, “évidemment” engagés.
Musicalement, je serais tenté de faire le rapprochement avec le meilleur de Neil Young ou les accords Americana du regretté Tom Petty. La reprise de Bob Marley en duo avec Mavis Staples est une merveille, et sa clôture en duo avec Norah Jones ressemble beaucoup à un manifeste en direction des droits civiques de plus en plus bafoués au pays de l’Oncle Sam.
“Black Tears”, posé sur un gros blues du Mississippi, revient sur le racisme et les églises qui se remettent à brûler après le passage de cagoules blanches pointues. Étrange, on aurait presque pu croire que ce genre de manifestations était passé aux oubliettes de l’histoire, mais l’histoire semble se répéter dans le Deep South.
Ce “Monde Tourne Mal” (World’s Gone Wrong), titre de baptême du disque, qui ouvre l’album nous embarque dans les tourments de la vie d’un couple de la Middle Class, ces américains oubliés par l’administration Trump, ayant pourtant voté massivement pour lui, cette Middle-Class abandonnée sur le bûcher de la Medicaid, si chère à Barack Obama.
“Je veux qu’ils voient, qu’ils voient vraiment comment les choses sont réellement, je veux qu’ils voient la vérité.” écrivait-elle dans sa passionnante autobiographie… On y est en plein dedans. Lucinda nous chante aussi bien cette amérique qu’on aime, celle qui nous donne envie d’y aller (ou d’y retourner), que celle des milices qui tuent et matraquent en toute impunité… « Ne me prenez pas pour acquise, levez-vous et battez-vous » chante-t-elle en évoquant la liberté, Freedom Speaks
A ranger à côté de son autre chef-d’oeuvre de 1988 “Car Wheels on a Gravel Road”.
XAV BAKER
